17:22 : C’est une nouvelle journée à la MDRS, la dixième. Il faut parfois un peu de temps pour réaliser où l’on est, ce que l’on fait. Pour réaliser qu’on fait une mission analogue au milieu du magnifique désert de l’Utah, aux Etats-Unis alors même que la moitié d’entre nous ne sont jamais allés beaucoup plus loin que les pays frontaliers de la France. Pour réaliser qu’on est en train d’accomplir la fin d’un an de préparation, d’un an de travail acharné en parallèle de nos études, d’un an de recherche d’expériences, de sponsors, de vulgarisation, de projets, de sélections… Pour réaliser qu’on est sept fous ravis de s’enfermer dans une boîte de conserve avec des 6 camarades que nous n’avons pas choisis sans douche pendant un mois. Pour réaliser qu’une nouvelle journée martienne commence, et que durant celle-ci, qui semble classique en apparence, on réalise les expériences Orbital Architecture, Twins2, AMAIA, HUMANISE, LOAC, megaARES, Photogrammétrie, Micropouss’, TimePecept, LättaLL, UCF, SUPAEROMOON, CoreData… soit une dizaine d’expériences pour le sol 10.
Ce matin, Somaya et moi avons cherché les balises dans Candor Chasma à l’aide de notre carte dessinée la veille, accompagnées par Meddi qui analysait notre performance, dans la continuité de l’expérience de photogrammétrie. Sur le retour, nous admirions le paysage qui était magnifique, qui nous faisait réaliser le cadre extraordinaire dans lequel nous baignons depuis maintenant 10 jours.
L’équipage est très dynamique en ce moment, Robin a lancé ce matin les premières impressions 3D du rover du club SUPAEROMOON de l’ISAE-SUPAERO, que nous monterons dans les prochains jours. Lui et moi avons testé AMAIA, notre IA d’assistance, de long en large cet après-midi.
Erin gère toujours nos plannings d’une main de maître, et elle a modélisé une petite boîte pour stocker tout le matériel nécessaire à la récupération des données des instruments atmosphériques lors des EVA. En effet, nous devons manipuler une clé USB et une toute petite carte micro-SD avec de gros gants de ski, que nous portons durant ces sorties. Cette opération nécessite de la précision, si bien que nous la réalisons en partie à l’aide d’une pince à épiler, et un rangement minutieux s’impose.
Aujourd’hui encore, nous observerons le soleil se coucher sur l’horizon martien depuis nos hublots. Nous tous ? Non, car je crois que Quentin a trouvé un moyen de faire de superbes observations des tempêtes solaires, qui promettent de rendre les prochains jours riches en observations de haute qualité.
