SOL 16 : Petit à petit, l’oiseau fait son nid
10:05 : Robin et moi commençons à ne plus y croire. Ce matin encore, nous avons essayé de résoudre l’un des problèmes d’AMAIA. Nous avions une solution qui semblait résoudre le dernier obstacle auquel nous nous confrontions, mais au lieu de cela, notre IA a cessé de fonctionner. Nous espérons la mettre en route avant la fin de la mission, de sorte à la tester avec tous les membres de l’équipage, mais il nous reste encore du chemin à parcourir.
Pendant ce temps, tout le monde travaille calmement dans le HAB. Erin fait le bilan de notre consommation d’eau, Somaya formate nos rétroplannings, c’est-à-dire la liste de tout ce qu’on a réellement fait durant une journée. Il arrive souvent que tout ne se déroule pas comme prévu, qu’une activité soit annulée, qu’elle finisse plus tôt ou plus tard que l’heure initialement planifiée. Cela permet à Erin de créer des plannings plus adaptés pour les prochains jours de la mission, et certains chercheurs demandent aussi à accéder à nos rétroplannings pour mieux comprendre nos comportements durant une période de la journée.
Derrière moi, j’entends les garçons de l’équipage aménager le loft du Upper Deck, un espace en hauteur dans notre habitat, accessible avec une échelle, mais plutôt mal agencé. L’expérience d’hier nous a fait réaliser à quel point nous pourrions améliorer la station, parfois avec de simples détails, comme ajouter des sources de lumière. Célyan et Quentin ont donc installé une petite lampe et disposé des matelas et coussins dans ce petit espace qu’ils fréquentent tout particulièrement. Robin aussi va légèrement réaménager sa chambre en fabricant une étagère pour ranger ses effets personnels. Le HAB est animé par les discussions enthousiastes et le bruit du vent qui souffle autour de la MDRS, un vent de créativité, semblerait-il.
15:52 : Ce matin, je suis sortie du HAB pour faire un test cognitif, et j’en ai profité pour dessiner des plans d’autres modules de la station : le GreenHab et le RAM. Nous discuterons bientôt des améliorations possibles pour ces modules, mais en attendant tout le
monde travaille ses expériences. En début d’après-midi, Quentin, Célyan, Somaya et moi avons essayé des programmes de sieste à l’aide d’un psio, un outil de relaxation que nous testons. L’idée est novatrice : combiner différentes sortes de méditations pour se détendre plus efficacement, bien que le support puisse encore être amélioré.
